LA PATHOLOGIE ORL ET LES LAITAGES EN PEDIATRIE
Docteur Suzanne Preney-Cramatte Pédiatre-Homéopathe 25 Montbéliard
A grands renforts de publicité, on incite les parents à donner beaucoup de laitages à leurs enfants pour leur assurer une meilleure santé. Mais qu’en est-il
vraiment ?
Ma pratique de pédiatre depuis plus de 20 ans, mes réflexions et mes lectures m’engagent à moins d’enthousiasme.
CONSTAT SUR L’ETAT DE SANTE DES ENFANTS D’AUJOURD’HUI
Le leitmotiv actuel, c’est le déficit de la Sécurité Sociale avec une surconsommation médicale surtout aux deux extrémités de la vie. Seule nous intéresse ici la
pathologie infantile, et nous nous limiterons volontairement aux problèmes ORL, les plus fréquents à cet âge.
En 1980, une enquête de la SOFRES auprès de 200 médecins généralistes a révélé que 40% de leurs consultations étaient en rapport avec des infections respiratoires
aiguës ou récidivantes.
En ce qui concerne les pédiatres, c’est près de 80%, surtout en période hivernale.
Ces infections ORL de l’enfant témoignent d’un processus naturel d’apprentissage immunitaire, et devant leur répétition, on parle de « maladie
d’adaptation » tant cette symptomatologie est commune. En ce qui concerne les rhinopharyngites, elles sont le plus souvent d’origine virale et ne nécessitent qu’un traitement symptomatique,
et surtout pas le recours aux antibiotiques, comme l’indique une récente conférence de consensus.
« Une rhinopharyngite non compliquée doit rester un épisode banal de la vie d’un enfant. Il est recommandé de limiter l’intervention thérapeutique au
minimum ».
Mais si une rhinopharyngite doit rester un épisode banal, la récidive de plus de quatre rhinopharyngites bruyantes par trimestre, ou la complication systématique à
type d’otite, d’angine, de bronchite…doit faire rechercher une cause sous-jacente.
La rhinopharyngite se définit comme une inflammation de la muqueuse des fosses nasales et du cavum, entraînant une gêne respiratoire évidente liée à l’augmentation
des sécrétions nasales. La rhinorrhée bilatérale est séreuse puis volontiers mucopurulente lors de surinfection. Elle s’accompagne de toux, indispensable à la mobilisation des glaires s’écoulant
dans le cavum et parfois de vomissements glaireux surtout au lever. La fièvre peut compléter le tableau, mais pas nécessairement, et, ce qui inquiète toujours les mamans, l’enfant limite
spontanément son alimentation.
Pour un épisode banal, la résolution spontanée est la règle. Hélas, la récidive est fréquente souvent après un intervalle libre au cours duquel le nez est sec et
perméable et la respiration normale. De plus en plus souvent, par contre, on rencontre des enfants avec une rhinorrhée mucopurulente permanente, l’enfant respire par la bouche, ronfle la nuit,
tousse d’un bout de l’année à l’autre, et des solutions radicales sont proposées à ces enfants : adénoïdectomie d’abord, puis amygdalectomie qui selon les statistiques amèneraient 40 à 50%
d’améliorations durables.
Mais amygdales et végétations font partie d’un secteur lymphoïde secrétant des anticorps et l’augmentation de leur volume est la marque de leur travail intense pour
neutraliser les vagues successives de virus et pour sauver l’organisme. Alors, pourquoi les supprimer ? Pourquoi s’attaquer à la partie visible de l’iceberg et négliger la cause profonde de
ces récidives, c’est-à-dire la déficience du terrain, elle-même en rapport avec l’alimentation délirante de cette fin du 20ème siècle.
Certains facteurs peuvent également favoriser ces récidives, mais nous ne nous y arrêterons pas. Ce sont surtout le tabagisme passif et l’entrée précoce en
collectivité (3 mois à la crêche et 2 ans en maternelle). Il existe également des facteurs génétiques :atopie, déficit immunitaire et des causes locorégionales comme le reflux
gastro-oesophagien sur lesquels nous n’insisterons pas car ils ne sont pas la majorité et sortent de notre propos.
L’ALIMENTATION « CLASSIQUE » MAIS NON « TRADITIONNELLE »
Depuis quelques années, avant tout examen, ma consultation débute par un interrogatoire minutieux concernant l’alimentation reçue durant les 24 heures qui ont
précédé la consultation par l’enfant qu’on amène pour des problèmes rhinopharyngés récidivants.
Ce matin, que lui avez-vous donné au petit déjeuner ? (ou qu’as-tu mangé au petit déjeuner, selon l’âge ?). A l’école a-t-il un
« goûter » ? Et à midi ?…
Et je suis toujours aussi étonnée de voire les quantités de laitages ingérés par ces enfants. Pour exemple, un enfant de 4-5 ans en maternelle peut très bien
recevoir :
le matin, un biberon de 250 à 350 ml de lait UHT
a l’école, en alternance une brique de 200 ml de lait ou du pain et une Vache Qui Rit, ou des biscuits…
a midi, légumes ou plus volontiers pâtes ou riz blanc, plus viande ou poisson, plus un voire deux yaourts
a 16 heures, un ou deux flans
le soir, du potage de légumes avec de la crème ou du gruyère, parfois de la viande, plus du fromage et un yaourt
Je vous promets que je n’exagère pas et que tous les jours j’entends ce même type de menus avec 5 ou 6 laitages par jour, auxquels il faut ajouter quelques
grignotages type barres chocolatées, gâteaux ou verre de lait entre les repas ou devant la télévision.
« Mais Docteur, il est tellement fragile qu’il faut bien lui apporter du calcium ! ». Du calcium, oui, mais pas forcément du lait et surtout pas en
telle quantité. Surtout que cet excès de laitages s’accompagne également d’une surconsommation de sucre et de céréales raffinés dont les enfants raffolent, et d’une surconsommation de viande. Les
mamans ont toujours peur que leur bambin manque de quelque chose. Spontanément, il ne leur vient jamais à l’idée qu’il soit malade parce qu’il mange trop en général, et trop de lait en
particulier.
C’est toujours avec beaucoup d’étonnement qu’elles découvrent leur erreur, et la plupart acceptent de jouer le jeu lorsque je leur conseille de limiter à deux
laitages par jour, voire les supprimer durant un ou deux mois. Après ces changements, qu’elle n’est pas alors leur surprise devant un enfant à la fois plus calme et plus joyeux, reprenant des
couleurs, retrouvant l’appétit, acceptant les aliments qu’il refusait hier (comment aurait-il pu les accepter, gavé qu’il était de laitages !). transformation qui survient sans la moindre
prescription de médicament, tout au plus quelques oligo-éléments.
« LE LAIT DE VACHE, LA BLANCHEUR TROMPEUSE »
1- l’enfant est adapté au lait de sa mère et réciproquement. Par contre, le lait de vache est prévu pour nourrir des veaux dont la croissance est beaucoup plus
rapide puisqu’ils triplent leur poids de naissance en 3 mois, le quintuplent en 6 mois.
Une équipe australienne précise dans le Quotidien du Médecin de juin 1995 « que les bébés devraient être nourris au sein pendant 4 mois, et si possible
un an, la sortie des premières dents conditionnant le début du sevrage ; En effet, les bébés nourris au sein ont un meilleur développement neurologique, cette maturation dépendant de
l’apport en acides gras polyinsaturés à longues chaîne apportés par le lait maternel ».
Sans compter que l’allaitement favorise l’établissement d’un rapport privilégié entre la maman et son nourrisson, source de liens affectifs très profonds. Par
ailleurs, le lait maternel est facile à digérer, il est toujours à bonne température et protège l’enfant de nombreuses affections en lui apportant les immunoglobulines maternelles.
Alors, pourquoi se tourner vers un ersatz de lait maternel ? Certaines femmes n’ont pas ou peu de lait, ou ne souhaitent pas allaiter leur bébé. D’autres,
devant de petits incidents type crevasse, engorgement…souhaitent arrêter très tôt, arrêt trop souvent conseillé par les médecins insuffisamment formés à ce type de problèmes. Par ailleurs, le
fait que les mamans travaillent interrompt très souvent un allaitement qui donnait toute satisfaction. Dans ce dernier cas, je conseille de débuter le sevrage, mais de conserver les tétées du
matin et du soir les premiers jours de reprise du travail ; la séparation est ainsi mieux supportée par la maman qui se sent toujours indispensable à son bébé.
2- Pour les nourrissons qui n’ont pas la chance et le plaisir d’être allaités par leur maman, il a bien été nécessaire d’élaborer des aliments lactés de
remplacements ; dits maternisés. Ces laits sont coupés car trop riches en protéines, supplémentés en acides gras polyinsaturés, en nucléotides…, ceci pour se rapprocher le plus possible du
lait maternel. Mais ils ne sont indispensables que jusqu’à l’âge du sevrage qui correspond comme nous l’avons vu plus haut à l’apparition des premières dents.
Au-delà du sevrage, avez-vous déjà vu un autre animal que « l’animal humain » demander à un vache de lui apporter son calcium ? Non, après le
sevrage, chacun est capable de s’adapter à son milieu naturel, qui lui apportera tous les éléments indispensables à sa croissance. Pourquoi en serait-il autrement pour le petit d’homme ?
D’ailleurs, de nombreuses ethnies ne consomment jamais de lait après le sevrage. Sont-ils pour autant plus fragiles ?
Non, puisque les plus beaux athlètes qu’on s’arrache à prix d’or pour les équipes de foot ou de basket, les coureurs les plus rapides sont souvent des Africains qui
n’ont jamais reçu une goutte de lait de vache, tout au plus du lait de chèvre ou de chamelle, mais en quelle quantité !
le lait de vache contient trois fois plus de protéines que le lait de mère (135mg pour 100g de lait de vache contre 35 pour le lait de femme), et le pool protéique
est complètement différent : essentiellement alphalactoglobuline A et lactoferine dans le lait de femme, alphalactalbuline et bétalactoglobuline très allergisante dans le lait de vache. De
même, la composition de la caséine est différente, « expliquant entre autre pourquoi la floculation intragastrique du lait de femme est beaucoup plus fine que celle du lait de vache, ce qui
rend le premier plus digeste ».
La teneur en glucides est nettement moindre, 47g/l contre 71 avec prédominence de lactose.
Le taux global de lipides est peu éloigné, mais il renferme seulement 30% d’acides gras polyinsaturés contre 55% dans le lait de mère, qui contient une part
importante d’acide linoléique ou vitamine F ( 11% au total) et d’acide arachidonique. Ces acides gras polyinsaturés ont une importance fondamentale dans l’élaboration des structures
nerveuses.
Le lait de vache est un lait très minéralisé, riche en sodium, il contient quatre fois plus de calcium que le lait de femme et sept fois plus de phosphore.
Par ailleurs, le profil vitaminique, enzymatique et la teneur en oligo-éléments du lait de vache est très différent de celui du lait de mère. Il est bien sûr
dépourvu d’éléments de défenses immunitaires.
Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que nos ancêtres n’ont pas toujours bu du lait et que le lait étant un liquide instable, de production saisonnière et de
conservation précaire, seuls pouvaient en boire les fermiers et leurs familles. Il a fallu attendre l’essor des moyens de conservation efficaces, des moyens de communication rapides pour que le
lait soit ramassé, acheminé sur les lieux de traitement, pasteurisé ou stérilisé et redistribué aux quatre coins de la France voire du monde. « Les 3/4 de la population mondiale ne buvaient
pas de lait avant 1945 ! ».
En ce qui concerne les moyens de conservation et les différents produits lactés mis sur le marché, je vous renvoie à l’excellent article du Docteur Boudet,
« Le lait et les produits laitiers », paru dans le numéro 6 du bulletin de l’AMKI du 2ème semestre 1993.
QUELQUES NOTIONS DE PHYSIO-PATHOLOGIE
L’allergie aux protéines du lait de vache
Celle-ci est connue depuis l’antiquité et semble augmenter considérablement ces dernières années. Elle est responsable de 12,6% des allergies alimentaires de
l’enfant de moins de 15 ans. Son incidence varie selon les auteurs de 0,5% à 7,5%, mais atteint 22 à 24% chez les enfants atopiques. De même, le risque est grandement majoré si les parents sont
eux-mêmes atopiques.
Le lait de vache contient une trentaine de protéines différentes qui, toutes, sont potentiellement allergisantes. Les caséines et la bétalactoglobuline sont le plus
souvent en cause.
Cliniquement, les manifestations ORL et respiratoires ne sont pas les plus fréquentes (19% des cas). Les manifestations gastro-intestinales et cutanées dominent le
tableau clinique chez le nourrisson. Le risque majeur est celui d’un choc anaphylactique qui est noté par Navarro dans 10 à 15% des allergies aux protéines du lait de vache.
Dans ces cas d’allergie documentée par les tests classiques (IgE totales et surtout IgE spécifiques), la suppression du lait et de ses dérivés, et souvent même de
la viande bovine, amène rapidement la sédation des troubles.
Le lait chez les atopiques
Dans de nombreux cas d’asthme, rhume des foins…liés à une sensibilisation à d’autres allergènes comme les pollens et les acariens, malgré les IgE spécifiques
négatives pour le lait de vache, on note une amélioration de la symptomatologie par la suppression des produits lactés.
L’intolérance au lactose
a- Celle-ci est liée à un déficit en lactase, enzyme permettant la scission du lactose en glucose et galactose. Lorsque la déficience est totale et congénitale, dès
le premier jour de la vie apparaît une diarrhée chronique à selles acides avec ralentissement de la croissance en poids et en taille. L’avenir proche de ces malades est grave, mais la suppression
du lactose répare les troubles. Ces cas sont rares et sortent complètement de notre propos.
b- Par contre, nous intéresse surtout la cohorte d’enfants qui se plaignent de douleurs abdominales, de troubles du transit après avoir avalé leur bol de lait
chocolaté le matin. Ils sont volontiers explorés et médicalisés pour essayer de supprimer les symptômes sans qu’en soit envisagée la cause. Dans certains cas, le test respiratoire à l’hydrogène
met en évidence la non absorption du lactose, dans d’autres, même ce test est en défaut ; mais les douleurs abdominales disparaissent et avec elles la symptomatologie ORL induite, lors de
l’essai de suppression du lait.
Malgré un apport lacté important, voire excessif, la malabsorption explique que ces enfants présentent des signes cliniques et biologiques d’hypocalcémie, une
anémie hypochrome par déficit en fer, et bien d’autres déficits en oligo-éléments, tels que Cu, Zn…indispensables à l’élaboration de leurs défenses immunitiares. C’est alors la succession des
rhinopharyngites, otites, sinusites…l’installation du faciès adenoïdien typique avec infiltration et pâleur des téguments, écoulements glaireux divers et quasi constants entraînant une
surmédicalisation, voire une amputation chirurgicale.
Cette évolution n’est pas inéluctable, et si les parents, avertis du danger que peut constituer le lait, acceptent de changer l’alimentation de leur enfant (et la
leur !), la Natura Medicatrix les aidera à recouvrer la santé pour toute la famille.
VERS UNE ALIMENTATION SAINE TYPE KOUSMINE ET UNE VIE SAINE
En cas d’allergie aux protéines du lait de vache
Bien évidemment, on supprimera, et de manière définitive, tout apport lacté. Le lait et les laitages étant de véritables poisons pour l’enfant, risquant de
déclencher un choc anaphylactique. Il faudra donc mener une véritable « enquête policière », bien lire les étiquettes de tous les produits que l’on offrira à l’enfant, y compris les
médicaments.
En cas d’ « intolérance » au lactose
Dans ce cas, les enfants adaptent souvent leur consommation en la réduisant. Hélas, les parents, mal informés, pour leur apporter le sacro-saint calcium, forcent et
contournent leur dégout du lait en y ajoutant du cacao, du sirop de fraise, des céréales au miel…
Il suffira dans ces cas de supprimer le lait tout en autorisant les produits laitiers sans ou pauvres en lactose. Le lait caillé et les yaourts sont normalement
pauvres en lactose, celui-ci ayant été hydrolysé par les lactobacilles. Les fromages ne contiennent pas du tout de lactose, ni ses produits d’hydrolyse, car tous les sucres sont transformés par
la fermentation, et avant même toute fermentation, la majeure partie du lactose est restée dans le petit lait lors de la formation du caillé.
En cas d’enfant atopique sans allergie aux protéines du lait
Même si biologiquement l’intolérance n’est pas prouvée, on aura toujours intérêt à tenter une épreuve de suppression du lait de vache sur 6 semaines à 2
mois.
B- MAIS PAR QUOI REMPLACER, DOCTEUR ?
1- Le cas de l’enfant de plus de 2 ans est simple. Il n’a nul besoin de laitages, le calcium étant omniprésent dans la nature, il suffit, comme les autres
mammifères, de s’adapter à son milieu naturel. Et les mamans sont forts étonnées lorsqu’on leur annonce qu’il y a autant de calcium dans les haricots secs, les brocolis…,voire dans le lait de
chèvre, qu’il y en a deux fois plus dans les amandes, le soja…,trois fois plus dans les sardines, le chou frais…
Les quantités de calcium recommandées par jour sont en fonction de l’âge, de l’ordre de 600mg pour les enfants de 1 à 3 ans, 700mg de 4 à 9 ans, 1000mg de 10 à 12,
1200 à 1500 pour les adolescents de 13 à 19 ans. Or nombre d’enfants sont bien au-delà de ça lorsque les parents anxieux et perfectionnistes multiplient les prises de laitages visibles (lait,
yaourts, crèmes glacées…) ou occultes (barres chocolatées, gâteaux, chocolat, produits cuisinés du commerce…).
Or, paracelse disait « rien n’est poison, tout est poison, tout est question de dose ».
Dans ce cas, on peut proposer des menus de ce type :
LE MATIN :
Crème Budwig, avec yaourt au soja ou lait de chèvre chez l’allergique, ou yaourt aux probiotiques chez l’intolérant ou intoxiqué au lait.
A MIDI :
Une crudité préparée avec une cuillère à café d’huile de première pression à froid (tournesol, noix, colza…)et du jus de citron.
Un plat de légumes cuits à la vapeur en quantité variable selon l’âge et arrosé d’un filet d’huile de première pression à froid olive, sésame, noisette…)
Avec, soit une portion de viande ou de poisson, soit un ou deux œufs selon l’âge, soit des légumineuses et des céréales complètes
Eventuellement un dessert, en sachant toutefois que les fruits sont mieux absorbés en dehors des repas
A 16 HEURES :
Selon la tolérance, un laitage ou un fruit frais ou en compote, plus un jus de fruit frais, plus quelques fruits secs ou oléagineux
LE SOIR :
Soit comme le midi
Soit un potage de légumes dans lequel on pourra ajouter une cuillère d’huile et quelques graines germées. Puis un laitage ou fromage ou crème de soja ou compote
selon les aliments ingérés aux autres repas et la tolérance de chacun.
Dans la mesure du possible, consommer des aliments du terroir et de la saison en cours, et respecter la règle des 3 V : choisir une alimentation la plus
Vivante possible, la plus Variée possible et la plus Végétale possible.
Ne pas oublier que la sagesse réside dans la mesure et même pour des enfants en bonne santé ne présentant ni allergie, ni intolérance au lait de vache, un ou deux
laitages par jour sont suffisants.
2- Le cas du nourrisson et du jeune enfant jusqu’à 2 ans est un peu plus délicat puisque son alimentation est essentiellement basée sur les laitages.
Dans la mesure du possible, il faudra favoriser l’allaitement maternel le plus longtemps possible, et sans biberon de complément s’il existe un terrain atopique
familial.
En cas d’impossibilité, on peut avoir recours aux laits hypoallergéniques proposés dans le commerce. Ils sont constitués d’hydrolysats de protéine, mais ils n’ont
d’intérêt que s’ils sont débutés avant toute prise de lait classique.
Il en existe différents types :
hydrolysats de caséine : Nutamigen, Pregestemil (Mead Johnson)
hydrolysats de lactosérum : Alfaré (Nestlé)
hydrolysats de collagène de bœuf et soja : Prégomine (Milupa)
Une certaine antigénicité persiste comme cela a été relaté au cours du 47ème congrès annuel de l’American Academy of Allergy and Immunlogy en mars 1991 à
San Francisco.
En cas d’enfant allergique aux protéines du lait de vache, ils sont contrindiqués. On leur préfèrera les laits végétaux du commerce, type Prosobee, Modilac soja,
Végélact, Végébaby…On peut également, suivant en cela les conseils du Docteur Kousmine, préparer des « laits » à base de soja, d’amandes, de céréales variées. Le lait de soja est
« riche en magnésium et en potassium, et apporte à l’enfant des vitamines naturelles, mais surtout il évite à votre enfant d’ingurgiter, en même temps que son lait, les antibiotiques, les
hormones et les vaccins couramment utilisés dans les élevages modernes ».
Il suffit de varier et d’associer ces différents laits entre eux pour éviter toute carence. Pour plus de renseignements, je renvoie à l’excellent livre du Docteur
Bondil cité en référence.
Je voudrais également mentionner que madame Kousmine qui était pédiatre fut un précurseur en ce qui concerne l’alimentation de l’enfant. Elle conseillait dès les
premiers mois d’ajouter une dizaine de gouttes d’huile de tournesol biologique de première pression à froid par jour dans les biberons. Or, à l’heure actuelle, de nombreux fabricants de laits
infantiles ajoutent des acides gras polyinsaturés à longue chaîne des séries Oméga 3 et Oméga 6 d’origine végétale ou provenant d’huiles de poisson, dans le but d’obtenir une meilleure maturation
neurologique.
LA RHINOPHARYNGITE AIGUË
Malgré une prévention bien conduite, des épisodes aigus peuvent survenir et la réaction sera d’autant plus puissante que l’énergie vitale de l’enfant sera
grande.
Devant un épisode rhinopharyngé aigu, il est fortement conseillé de mettre l’enfant à la diète, toutes ses forces seront alors dirigées contre le mal au lieu de se
disperser pour la digestion des aliments ingérés. Spontanément, l’enfant qui, contrairement à nous sait encore écouter son corps, refusera l’alimentation. Surtout ne pas le forcer, ne pas
remplacer l’alimentation solide par des laitages sucrés qu’il prendrait peut-être par gourmandise ou pour faire plaisir. Par contre, lui proposer beaucoup à boire, de l’eau, du jus de fruit
frais, de la tisane, du bouillon de légumes.
Pratiquer une bonne désinfection rhinopharyngée par des lavages au sérum physiologique répétés et abondants. De même, il faut apprendre à respecter la fièvre qui
indique que l’organisme lutte contre la maladie, tout comme vous élevez la température de l’eau jusqu’à 100°C pour la stériliser, la débarrasser des microbes en suspension. Le risque de
convulsion hyperthermique n’existe que chez certains enfants prédisposés ; et il suffit de faire baisser la fièvre de 1°C pour s’éloigner de la zone dangereuse sans chercher à ramener la
température à 37°C, s’opposant ainsi à la réaction naturelle de l’organisme et laissant le champ libre aux microbes.
On pourra rafraîchir les membres avec un linge mouillé et frais, ou bien faire prendre un bain dans de l’eau à environ 2°C en dessous de la température rectale du
malade, jusqu’à ce que les résultats soient satisfaisants. Les douches rectales tièdes (1 verre à liqueur à 1 grand verre selon l’âge du malade) qu’on ne garde pas, sont spectaculairement
efficaces sur la fièvre et sur le phénomène infectieux.
Ces simples conseils de mise à la diète et de respect de la fièvre, en quelque sorte de respect de l’enfant et de ses réactions, conduisent déjà à une moindre
médicalisation et un espacement des épisodes rhinopharyngés.
CONCLUSION
On est ce que l’on mange, donc la première chose à revoir dans le cas d’une maladie infantile est l’alimentation, car c’est elle, bien sûr, qui induira
principalement l’harmonie cellulaire et l’équilibre de la flore.
La qualité des aliments que nous mangeons est d’une très grande importance et, dans la mesure du possible, ces aliments devraient être issus de culture biologique.
Il en est ainsi pour le lait qui serait mieux supporté s’il provenait de vaches élevées sur des prairies naturelles sans engrais, qu’elles ne reçoivent ni hormones, ni antibiotiques, et s’il
était consommé cru et en quantité modérée.
Or que faisons-nous boire à nos enfant ? Du lait provenant de vaches élevées en batteries, malades du fait de la promiscuité et de l’alimentation carencée qui
leur est fournie, traitée aux hormones pour un rendement meilleur…
Ce lait, nous le conditionnons pour faciliter le stockage et sa distribution, entraînant une dénaturation des protéines et l’apparition de molécules toxiques de
Maillard.
Les médias vantent tel ou tel laitage qui contient du calcium, qui aide à la croissance, qui est riche en vitamines…, et les mamans, de bonne foi, les ajoutent les
uns aux autres, contribuant à l’intoxication progressive de leur bambin et à la répétition des épisodes rhinopharyngés.
Puissent ces quelques pages aider les mères à prendre conscience que la succession de rhinopharyngites, otites,…tout l’hiver, voire tous les hivers ou toute l’année
n’est pas une fatalité, qu’elles ne sont que le reflet d’un terrain malade. C’est une maladie générale qui se localise au niveau de l’organe le plus faible pour s’extérioriser, mais c’est
l’organisme entier qu’il faut traiter en épurant grâce aux émonctoires et en alimentant avec des produits de qualité et en quantité modérée. Il ne peut y avoir de guérison parcellaire, seul le
concept global, holistique de la santé apportera à nos enfants une vie meilleure.